DPE et LMNP : Faut-il vendre ou rénover votre bien en 2026 ?

Le mois de janvier 2026 marque une rupture historique pour les propriétaires bailleurs. Ce que l'on appelait la "transition énergétique" est devenue une réalité réglementaire contraignante. 

D'un côté, l'interdiction de louer les passoires thermiques classées G est pleinement effective depuis un an, et le compte à rebours pour les logements classés F (échéance 2028) s'accélère. 

De l'autre, une réforme technique du mode de calcul du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) entrée en vigueur ce 1er janvier offre une bouffée d'oxygène inespérée à certains investisseurs.

Pour le Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP), la question n'est plus de savoir s'il faut agir, mais comment. Faut-il profiter du nouveau calcul pour conserver son bien? Faut-il engager des travaux lourds en utilisant le levier fiscal du régime réel? Ou faut-il se résigner à vendre un actif qui risque de devenir "illiquide"?...

Décryptons ici  les nouvelles règles du jeu pour vous aider à arbitrer.

1. Le "Choc DPE" du 1er Janvier 2026 : Qui sont les gagnants?

C'est la nouvelle que tout le marché attendait. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'énergie finale en énergie primaire pour l'électricité a été abaissé de 2,3 à 1,9.

Pourquoi ce changement? Jusqu'ici, le DPE pénalisait lourdement le chauffage électrique. Pour 1 kWh consommé à votre compteur, le calcul retenait 2,3 kWh d'énergie primaire (pour compenser les pertes de production et de transport). 

Ce coefficient, hérité d'une époque où l'électricité était très carbonée, ne reflétait plus la réalité du mix énergétique français (nucléaire et renouvelable). Le passage à 1,9 corrige cette distorsion.

L'impact concret sur votre parc LMNP : Selon les projections de l'ADEME, environ 850 000 logements sortent mécaniquement du statut de passoire thermique (étiquettes F et G) sans qu'aucun coup de peinture n'ait été donné.

  • Les petits logements (studios étudiants) : Ce sont les grands gagnants. Souvent chauffés à l'électricité, beaucoup basculent de G à F, ou de F à E.
  • La conséquence immédiate : Si votre bien passe de G à F, vous gagnez un sursis de deux ans avant l'interdiction de location (2028). S'il passe de F à E, vous êtes tranquille jusqu'en 2034.

Conseil stratégique : Ne vous fiez pas à votre ancien diagnostic. Faites rééditer votre DPE dès ce mois de janvier. Ce document est votre nouveau passeport locatif.

2. L'équation économique : La décote de la "Passoire" vs Le coût de la Rénovation

Si, malgré le nouveau coefficient, votre bien reste classé G (ou F avec une échéance proche), vous êtes face au mur de l'investissement. Deux choix s'offrent à vous : vendre ou rénover.

L'option Vente : Attention à la "Valeur Verte" Vendre une passoire thermique en 2026 n'est plus anodin. Les notaires observent une fracture nette des prix. Dans les zones détendues (villes moyennes, zones rurales), la décote d'un bien F ou G par rapport à un bien D peut atteindre 20% à 25%. En zone tendue (Paris, Lyon), la décote est plus faible (3% à 5%), car la pénurie de logements prime encore sur la performance énergétique, mais les banques deviennent frileuses pour financer les acquéreurs de ces biens sans devis travaux solides.

L'option Rénovation : Le super-pouvoir du LMNP Réel C'est ici que le statut LMNP prend tout son sens. Contrairement aux revenus fonciers classiques (limités par le déficit foncier), le LMNP au Régime Réel transforme les travaux en arme de défiscalisation massive.

En optant pour ce régime, vous pouvez :

1- Déduire immédiatement les charges d'entretien et de petites réparations.

2- Amortir les gros travaux (isolation, chauffage, toiture) sur des durées longues (10 à 20 ans).

3- Amortir le bien immobilier lui-même (hors terrain).

Exemple chiffré : Vous investissez 30 000 € de rénovation énergétique pour passer un studio de G à D.

  • En micro-BIC, ces 30 000 € sont "perdus" fiscalement (couverts par l'abattement forfaitaire qui s'applique de toute façon).
  • En LMNP Réel, ces 30 000 € s'ajoutent à vos charges et amortissements. Ils vont créer un déficit BIC reportable ou annuler votre bénéfice imposable pendant des années.

C'est pourquoi il est crucial de savoir de bien déterminer le régime qui sera le plus avantageux pour vous. Dans 90% des cas de rénovation, le régime réel est mathématiquement gagnant.

3. L'obstacle de la copropriété : Le DPE Collectif obligatoire

L'année 2026 introduit une nouvelle contrainte pour les immeubles. Depuis le 1er janvier, l'obligation de réaliser un DPE Collectif s'étend à toutes les copropriétés, y compris les petites structures de moins de 50 lots.

Pourquoi est-ce capital pour vous? Si vous êtes propriétaire d'un appartement dans un immeuble "passoire", vos efforts individuels (isolation des murs par l'intérieur, changement de fenêtres) pourraient ne pas suffire à atteindre la lettre D si la chaudière collective est obsolète ou si la toiture n'est pas isolée. Le DPE individuel est désormais très dépendant des données de l'immeuble. Vous ne pouvez plus ignorer la politique de travaux de votre copropriété.

La stratégie gagnante : Participez aux Assemblées Générales. Le DPE Collectif est souvent le prélude au Plan Pluriannuel de Travaux (PPT). Si des travaux collectifs (isolation par l'extérieur, raccordement au chauffage urbain) sont votés, ils valorisent votre patrimoine bien plus que des travaux privatifs, et ils sont également amortissables en LMNP.

Arbitrer avec les bons outils

La réforme de 2026 offre un répit technique, mais la trajectoire de fond est inéluctable : la performance énergétique devient une composante intrinsèque de la valeur de votre patrimoine.

  • Si votre bien est une "épave thermique" en zone rurale : la vente est souvent préférable avant que la décote ne s'aggrave.
  • Si votre bien est bien situé : la rénovation sous le régime LMNP Réel est l'opération la plus rentable à long terme.